Les personnels de l’Éducation nationale doivent être prioritaires pour la vaccination

Alors que le couvre-feu est avancé à 18h dans de nouveaux départements, que la campagne de vaccination patine en France, le ministre de l’Education nationale n’envisage en aucun cas de fermer les écoles. Pourtant, une étude suisse tendrait à montrer que celle-ci serait efficace pour lutter contre la circulation du virus.

Le ministre n’envisage pas non plus de rendre les personnels de l’éducation nationale parmi les personnes prioritaires dans l’accès au vaccin, alors que les enseignants font face à des classes nombreuses, et sont particulièrement exposés au virus.

Question écrite au gouvernement posée le 19/01/2021 :

Monsieur Bastien Lachaud interroge Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, sur l’accès des personnels enseignants et des personnels des établissements scolaires au vaccin contre le coronavirus Covid-19.

Depuis son début, la campagne de vaccination contre la Covid-19 a été marquée par des ratés et la lenteur de son rythme, imputés à une gestion erratique de la part du gouvernement. Au 8 janvier 2021, au moins 80 000 personnes auraient été vaccinées, selon les données du ministère de la Santé. Devant le retard de la France en la matière, le Premier ministre et le ministre de la Santé ont annoncé vouloir accélérer la campagne de vaccination.

Dans ce contexte, l’accès des personnels enseignants et des personnels des établissements scolaires au vaccin pose une question spécifique et particulièrement aiguë. De fait, ces personnels sont, du fait des fonctions qu’ils exercent, particulièrement exposés au virus. Au sein des établissements, ils se trouvent en contact permanent avec le public. De surcroît, ils sont en contact avec une population jeune qui sera, selon le calendrier prévisionnel de la campagne de vaccination, vaccinée en dernier.

L’insuffisance des mesures de prévention et de protection mises en place au sein des établissements depuis la rentrée 2020/2021, que constatent l’ensemble des organisations syndicales, ne fait qu’accroître cette exposition des personnels : dans certains collèges, aucune mesure significative n’a été prise pour limiter le brassage des élèves ; dans les lycées, l’organisation hybride qui a été mise en place doit en principe prendre fin au 20 janvier 2021, sans que des éléments clairs aient été divulgués quant à la prolongation ou pas de ce dispositif ; quant à d’éventuelles mesures de surveillance renforcées et adaptées aux particularités du variant anglais de la Covid-19, aucune précision n’a été donnée à ce jour à ce sujet. De façon générale, l’intention énoncée par monsieur le ministre de l’Éducation nationale de n’envisager la fermeture des établissements scolaires « qu’en dernier recours » implique que leurs personnels seront particulièrement exposés au virus.

Cette exposition particulière des personnels des établissements scolaires à la Covid-19 appelle à une priorisation de leur accès au vaccin, à l’instar des décisions qui ont été prises pour les personnels soignants. Il semble pourtant qu’aucune mesure ne soit envisagée dans ce sens et que le calendrier même de la vaccination demeure flou. Ce 10 janvier 2021, monsieur le ministre indiquait à la presse qu’il est « impossible de dire le jour précis » où les enseignants pourront se faire vacciner, « cela aura lieu forcément dans le courant du premier semestre ». Selon les informations qui ont été communiquées aux syndicats, « le Ministère confirme le scénario initial, c’est-à-dire, suivant l’ordre de priorités défini nationalement et par les autorités médicales : les personnes âgées et les soignants. Les enseignants sont parmi les personnes prioritaires, en début de 3e phase de vaccination », c’est-à-dire à partir du début du mois d’avril.

Un tel calendrier de vaccination apparaît tardif, et ne répond pas aux attentes des organisations syndicales et aux préoccupations des personnels. Monsieur le député souhaite donc apprendre de Monsieur le Ministre s’il compte, avec le ministre de la Santé, préciser le calendrier de la vaccination, accélérer et prioriser l’accès des personnels enseignants volontaires au vaccin, et prendre toutes les dispositions logistiques nécessaires à cet effet.

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