Non aux variations arbitraires du taux d’incapacité par les MDPH !

Le manque de moyens alloués aux personnes en situation de handicap est criant. Les Maisons départementales de Personnes Handicapées (MDPH) ont des délais de traitement des dossiers qui s’allongent. Les personnes sont en attente de leurs droits pendant des mois.

Plus encore, les ayant droit doivent remplir sans cesse des dossier, pour renouveler leurs droits, alors que leur situation n’a pas changé. Cela entraine un épuisement administratif et une surcharge de travail pour les agents des MDPH. Ces renouvellements sont l’occasion de diminution des droits qui sont notifiées, mais jamais expliquées et encore moins justifiées. Aussi, les pertes de droit semblent parfaitement arbitraires, et les délais de recours sont particulièrement longs.

Question écrite au gouvernement, posée le 08/12/2021 :

Monsieur Bastien Lachaud interroge madame la secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées à propos du traitement des dossiers de demande prestations de compensation du handicap par les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH).

Député de la Seine–Saint-Denis, monsieur Bastien Lachaud reçoit fréquemment dans ses permanences des personnes confrontées aux difficultés administratives qui accompagnent fréquemment les demandes et renouvellements des prestations de compensation du handicap. Il souhaite attirer l’attention de madame la secrétaire d’État sur deux des difficultés majeures qui se font jour à cette occasion, et pèsent considérablement sur le quotidien des personnes concernées. 

Un premier problème est lié à des variations arbitraires du taux d’incapacité dans le temps, sans que celles-ci ne soient corrélées à une évolution de la situation des personnes concernées, ni même à une appréciation médicale de leurs situations.

Ces variations sont lourdes de conséquences, dès lors qu’un certain nombre de droits dépendent directement du taux d’incapacité de la personne. Une variation en deçà d’un certain seuil conduit à perdre des droits, sans qu’il soit apporté de justification. Aucun procès-verbal n’est fourni, ni aucun détail quant à la formule de calcul du taux d’incapacité, ni aucun élément objectif justifiant une évaluation à la baisse du taux d’incapacité. Si des recours administratifs sont possibles, leur utilisation reste faible au vu des difficultés générales d’accès à la justice.

 De ce fait, un climat d’incompréhension et d’arbitraire plane autour des décisions de la MDPH et les citoyens se sentent lésés, spoliés de leurs droits. Ainsi, des personnes se voient retirer leur Allocation Adulte Handicapé (AAH), alors même que les médecins leur expliquent que leur handicap n’évoluera jamais. Cette politique précarise encore plus des adultes en situation de handicap, d’autant plus que le niveau de l’AAH est en deçà du seuil de pauvreté. Mais la variation arbitraire du taux d’incapacité ne concerne pas les seuls bénéficiaires directs des aides de la MDPH.

 Les familles elles aussi sont concernées. En effet, l’éducation d’un enfant souffrant d’un handicap de plus de 80 % d’incapacité ouvre le droit à une majoration des trimestres d’assurance retraite, dans la limite de 8 trimestres, comme l’énonce l’article L351-4-1 du Code de la sécurité sociale. Elle permet ainsi de partir plus tôt à la retraite. Or, les passages successifs d’une tranche de taux d’invalidité à l’autre, entraînant une baisse des droits des enfants, empêchent leurs parents de bénéficier pleinement de cette majoration. 

Un second problème récurrent est lié à la multiplication des procédures répétées liées au renouvellement des prestations de compensation. Certes, le récent décret du 27 octobre 2021, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2022, laisse entrevoir une simplification de ces démarches, dans certains cas où les prestations de compensation pourront être attribuées sans limitation de durée. 

Force est de constater cependant que la réalité vécue par la grande majorité des personnes est pour l’heure très éloignée de ces annonces. Il leur est demandé de renouveler régulièrement leurs dossiers, pour des situations qui n’évoluent guère, ou pas du tout. Les bénéficiaires doivent constituer des dossiers similaires en permanence, et les administrations retraiter à l’infini des situations qui n’ont pas évolué.

 Cette situation crée un surcroît de travail pour les MDPH, dont on peut se demander l’intérêt, d’autant que l’ensemble des MPDH traite près de 4 480 000 demandes par an, et souffre du manque de moyens humains et matériels suffisants. Elle rallonge les délais de traitement imposés aux usagers : en Seine–Saint-Denis, ce délai est estimé de 7,1 mois ; il peut être beaucoup plus long. M. le député Bastien Lachaud reçoit fréquemment dans ses permanences des personnes en attente de réponse de la MDPH depuis plus d’un an. 

Ces délais s’allongent encore dans le Calvados et l’Essonne avec un délai de traitement moyen de 9 mois, ce délai devient effarant en à Mayotte avec 16 mois d’attente. Tant et si bien que les sites internet des différentes MDPH recommandent tous d’entamer le renouvellement du dossier 6 mois avant la fin de la validité des droits encours. 

Des mesures énergiques doivent être prises pour pallier à ces difficultés, qui surchargent inutilement les MDPH et sont perçues par les bénéficiaires des prestations compensatoires comme une forme d’arbitraire et d’acharnement administratif. 

Monsieur Bastien Lachaud souhaiterait donc savoir quelles dispositions le gouvernement entend prendre afin de rendre transparentes les variations du taux d’incapacité et de faire cesser les modifications des droits qui semblent arbitraires. Plus largement, monsieur Bastien Lachaud aimerait savoir ce que madame la secrétaire d’État compte faire pour réduire les délais de traitement imposés par les MDPH à la très grande majorité des ayants droit, notamment en ce qui concerne la réédition annuelle de nombreux dossiers dont la situation n’est pas susceptible d’évoluer.