Ce qui se passe sur le canal de l’Ourcq n’a rien d’une « mise à l’abri ». C’est une opération de déplacement forcé, un nettoyage social de plus, qui ne règle rien et aggrave tout.
On évacue à l’aube, on disperse des personnes déjà à bout, on envoie certains à des centaines de kilomètres, on renvoie d’autres à l’errance. Des gens qui travaillent, des mineurs isolés, des personnes malades. Et quelques jours plus tard, les tentes reviennent, ailleurs, parce que rien n’a été prévu de durable.
Et ce scénario n’est pas nouveau.
On l’a vu à Aubervilliers et Pantin avant et après les préparatifs des Jeux Olympiques : expulsions massives, familles contraintes de quitter leurs lieux de vie sans garantie d’un vrai logement.
Ce n’est pas un dysfonctionnement. C’est une politique. Gérer la misère par la police, masquer la pauvreté plutôt que garantir des droits, faire semblant d’agir tout en organisant l’invisibilisation. Cibler les personnes réfugiées. Encore et encore. La xénophobie. Le racisme d’Etat
Le droit au logement, la protection des mineurs, la dignité humaine ne sont pas optionnels. Tant qu’on traitera la précarité comme un problème d’ordre public, ces scènes se répéteront. Et c’est l’État qui en porte la responsabilité.
