Hier, au Conseil municipal d’Aubervilliers, nous avons voté un vœu condamnant les attaques racistes visant plusieurs maires et élus des villes populaires.
Ce texte est nécessaire. Face à la haine, nous ne pouvons pas rester silencieux.
Car ce qui s’est joué ces dernières semaines est grave. Bally Bagayoko à Saint-Denis, Aly Diouara à La Courneuve, Sofienne Karroumi à Aubervilliers, notre maire, et tant d’autres ont été attaqués pour ce qu’ils portent : le progrès social, l’émancipation, le droit à bien vivre dans nos quartiers.
Ils ont été ciblés pour ce qu’ils incarnent : des parcours issus des classes populaires, souvent héritiers de l’immigration, accédant aux responsabilités.
Et à travers eux, ce sont tous les habitants des quartiers populaires que l’on a voulu stigmatiser.
Nous disons non à cette haine de classe et à ce racisme.
Mais ce combat exige de dire toute la vérité.
Oui, l’extrême droite est le foyer principal de ces discours.
Oui, la droite et le macronisme les ont banalisés.
Oui, certains médias en sont les relais.
Mais dans le cas de Bally Bagayoko, il faut le dire clairement : la vague de haine trouve aussi son origine dans la campagne de diffamation menée par Mathieu Hanotin, qui a insinué une complicité avec le narcotrafic.
Quand on alimente de telles accusations, on ouvre la voie à toutes les récupérations, à toutes les stigmatisations.
Et oui, parfois aussi, à gauche, certains discours participent à banaliser ces logiques. Par calcul, par lâcheté ou par renoncement. Ne pas le dire, ce serait refuser de voir la réalité.
Nous avons proposé des amendements pour que ces responsabilités soient clairement nommées. Ils ont été refusés. Nous le regrettons.
Nous avons néanmoins voté ce vœu, parce qu’il va dans le bon sens. Mais nous continuerons à dire les choses, toutes les choses.
Parce que nommer les responsabilités est une condition pour combattre efficacement le racisme.
Parce que nous voulons une France où plus personne ne sera relégué pour ce qu’il est.