232 ans de la première abolition de l’esclavage par la République, le 4 février 1794

Il y a 232 ans, le 4 février 1794, (16 pluviôse an II), la République abolissait pour la première fois l’esclavage. L’abolition de l’esclavage, votée par la Convention, l’assemblée nationale, d’alors, c’était une victoire de l’idéal d’émancipation universelle sur le préjugé de couleur et la servitude. Après de coupables hésitations,

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Il y a 232 ans, le 4 février 1794, (16 pluviôse an II), la République abolissait pour la première fois l’esclavage.

L’abolition de l’esclavage, votée par la Convention, l’assemblée nationale, d’alors, c’était une victoire de l’idéal d’émancipation universelle sur le préjugé de couleur et la servitude. Après de coupables hésitations, la République, nourrie par les idées des lumières, avait sienne la cause de l’abolition. Enfin. Car sans elle, l’idée de droits de l’homme elle-même n’avait aucun sens.

Mais, il faut toujours le rappeler : l’abolition fut avant toute chose une victoire des esclaves eux-mêmes. A l’image de Jean-Baptiste Belley, le premier député noir élu à la Convention, et qui avait connu dans sa chair l’esclavage. Depuis le début de la Traite au XVème siècle, les esclaves n’a jamais accepté de se soumettre, jamais cessé de se révolter, jamais cessé de lutter pour leur liberté. En 1791, des milliers d’esclaves de Saint-Domingue s’étaient soulevés au cri de « Liberté ». Incarné par la figure de Toussaint Louverture, ce combat devait conduire en 1804 à l’indépendance d’Haïti, première République noire libérée de l’esclavage et de la colonisation. En 1848, des révoltes éclatèrent en Martinique et à la Guadeloupe et arrachèrent la liberté, avant même que le décret d’abolition ne fut connu.

Depuis la loi du 10 mai 2001, la France reconnaît enfin la traite négrière et l’esclavage pour ce qu’ils furent : des crimes contre l’humanité. Entre le XVe et le XIXe siècle, des dizaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants furent arrachés à l’Afrique, déportés, réduits en esclavage. Cette barbarie n’est pas une parenthèse de l’histoire : elle a nourri l’essor du capitalisme européen et produit une idéologie raciste destinée à justifier l’oppression.

L’abolition de 1794, puis celle, définitive, de 1848, n’ont pas suffi à refermer cette histoire. Aujourd’hui encore, 30 à 40 millions de personnes vivent en situation d’esclavage dans le monde, majoritairement des femmes, exploitées dans le travail forcé. Et en France même, l’ordre social hérité de cette histoire continue de produire les inégalités, les discriminations, le racisme. La page sombre de notre histoire ouverte par la traite et l’esclavage n’est toujours pas refermée.

On ne réparera jamais l’irréparable. Mais nous avons un devoir : ne jamais oublier, transmettre cette mémoire, rendre justice aux victimes, et poursuivre le combat pour l’émancipation. Car la liberté n’est pas divisible. Tant qu’elle n’est pas réelle pour toutes et tous, elle n’est qu’un mot vidé de son sens. Comme l’écrivait Édouard Glissant : « L’oubli offense, et la mémoire, quand elle est partagée, abolit cette offense. »Nous n’oublierons jamais et nous continuerons le combat.

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