Scandale des conditions de travail sur les chantiers des jeux olympiques

Question écrite au gouvernement :

Monsieur le député Bastien Lachaud alerte monsieur le ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion sur les conditions de travail des travailleurs employés sur les chantiers de construction des ouvrages des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (JOP 2024), et en particulier sur le recours à des travailleurs étrangers sans papiers soumis à des conditions d’exploitation scandaleuses.

Ce 6 décembre 2022, une enquête publiée dans la presse mettait en effet en lumière les pratiques opaques et illégales courantes au sein de la nébuleuse d’entreprises du bâtiment travaux publics travaillant comme sous-traitantes sur les chantiers des ouvrages olympiques.

L’emploi de travailleurs étrangers sans papiers, non déclarés, y serait ainsi monnaie courante. Ces travailleurs seraient employés aux tâches les plus pénibles, pour des salaires très faibles, dans des conditions de travail et de sécurité indignes. « On n’a aucun droit. On n’a pas de tenue de chantier, pas de chaussures de sécurité fournies, on ne nous paye pas le pass Navigo, on n’a pas de visite médicale et même pas de contrat » résume ainsi un travailleur de nationalité malienne, cité dans une enquête que le journal Libération consacre aux « Sans papiers sur les chantiers de Paris 2024 ».

De toute évidence, les institutions responsables des chantiers des Jeux Olympiques, à commencer par la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) échouent à remplir leur fonction de contrôle, et les garde-fous mis en place dysfonctionnent. Une enquête aurait été ouverte par le parquet de Bobigny pour recours au travail dissimulé, et plusieurs contrôles menés par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités Ile-de-France. Force est de constater cependant que ces dispositions sont insuffisantes. Monsieur le député Bastien Lachaud avait notamment alerté la SOLIDEO, par un courrier du 1er février 2022, pour l’interpeller sur la situation des chantiers des Jeux Olympiques, que dénonçaient alors les syndicats : 7 accidents graves, insuffisance des permanences syndicales, manque de contrôle de l’inspection du travail. Les faits scandaleux révélés aujourd’hui par la presse viennent démentir la réponse rassurante qu’il avait reçue de madame Anne Hidalgo le 28 mars 2022.

La violation répétée du droit du travail, à travers le recours au travail dissimulé et l’exploitation des ouvriers des chantiers contredisent de façon flagrante l’ambition d’exemplarité mise en avant par les organisateurs des Jeux Olympiques. Ces faits choquent, à plus forte raison, à l’heure où la coupe du monde Qatar 2022 a mis en lumière les conditions scandaleuses imposées aux travailleurs du bâtiment sur les chantiers des ouvrages des grandes conditions sportives. Ils entachent l’image du pays organisateur des Jeux, la France. Ils sont intolérables dans un État de droit.

C’est pourquoi monsieur le député souhaite apprendre de monsieur le ministre quelles dispositions il compte prendre pour mettre un terme à ces pratiques scandaleuses et criminelles. Les travailleurs des chantiers des Jeux Olympiques ont droit à un travail légal, à un salaire décent, à des conditions de travail dignes et une sécurité garantie. En un mot, à l’application pleine et entière des droits garantis aux salariés par le droit du travail. Dans le cas des travailleurs sans papiers de nationalité étrangère, victimes d’un système d’exploitation organisé dans le secteur du bâtiment, la régularisation s’impose.