Délais de traitement inacceptables de la MDPH

Une première question écrite sur les moyens alloués aux MDPH, avait déjà alerté le gouvernement. Ce manque de moyen a des conséquences concrètes sur les habitants de la Seine-Saint-Denis qui sollicitent la MDPH : les délais de réponse sont particulièrement longs.

Aussi, il faut que le gouvernement remédie cette inégalité d’accès au service public. Il faut que les demandes des citoyens soient traités dans des délais raisonnables. Le professionnalisme et le dévouement des agents des MDPH n’est évidemment pas en cause. Mais le manque de moyen humain ne permet pas de faire face à une accumulation de demandes.

Question écrite au gouvernement, posée le 05/10/2021 :

Monsieur le député Bastien Lachaud interroge Madame la Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées, au sujet des délais d’attente et de traitement des dossiers au sein des Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH).

Les résultats de l’enquête nationale « Votre MDPH, votre avis », menée en ligne par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie en 2019, et à laquelle 24 000 personnes ont répondu, mettent en effet en évidence le caractère excessivement long des délais de traitement des dossiers : près de sept personnes handicapées sur dix estiment que leur MDPH met trop de temps à répondre à leur demande.

L’insatisfaction ressentie par la majorité des usagers est confirmée dans les faits : en 2018, le délai moyen de réponse au sein des MDPH s’élevait en effet à quatre mois et 12 jours. Le délai effectif est en outre susceptible d’importantes variations selon le type de demandes et selon les départements. Ainsi, selon la synthèse des rapports d’activité des MDPH pour 2017, ce délai variait de 2 mois dans les départements les mieux classés de métropole — Haute-Corse, Meuse, Charente — à 9 mois dans ceux les moins bien classés — Calvados et Essonne. Il atteignait 16 mois à Mayotte. En Seine–Saint-Denis, département où est élu Monsieur Bastien Lachaud, le délai de traitement des demandes était estimé à 7,1 mois au début 2021 – 8 à 9 mois pour les adultes, 5 pour les enfants —, le plus élevé des départements d’Île-de-France. Ces délais prolongés placent les MDPH en situation d’infraction, dès lors qu’elles outrepassent quotidiennement le délai légal, fixé à 4 mois. Il faut encore ajouter que les retards de traitement engendrent un stock de dossiers importants — il y en aurait 30 000 environ à la MDPH de la Seine–Saint-Denis, pour 35 à 36 000 traités chaque année —, situation qui alimente à son tour le retard, dans une dynamique négative qui semble ne pas connaître de fin.

Les conséquences d’une telle situation sont importantes et pèsent lourdement sur le quotidien de personnes et de familles déjà confrontées à des situations difficiles, que les démarches administratives prolongées, l’incertitude et la précarité matérielle qui résulte de mois d’attente sans prestations ni accompagnement ne viennent qu’aggraver. Cette réalité alarmante, que M. Bastien Lachaud constate quotidiennement auprès de nos concitoyens à l’occasion de ses permanences parlementaires, affecte des millions de nos concitoyens — rappelons que les 102 MDPH répondent chaque année à quelque 4 480 000 demandes.

Si le gouvernement semble avoir pris conscience de cette situation, les réponses mises en œuvre demeurent jusqu’à présent très insuffisantes. Par exemple, le 20 juillet 2021, une convention a pu être conclue entre le conseil départemental de la Seine–Saint-Denis, la MDPH et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui prévoit notamment une subvention de 966 000 euros et devrait permettre le recrutement de 16 équivalents temps plein. Si l’on ne peut qu’accueillir positivement cette évolution, ces dispositions ne semblent cependant pas à la mesure de l’effort qui serait nécessaire pour résorber les retards accumulés.

Monsieur le député souhaite donc apprendre de Madame la secrétaire d’État quelles mesures elle compte prendre pour raccourcir les délais de traitement des demandes au sein des MDPH et garantir, a minima, le respect du délai légal de traitement de 4 mois. Il souhaite apprendre quels moyens supplémentaires le gouvernement compte allouer aux MDPH, en particulier à celles qui, comme en Seine–Saint-Denis, subissent les situations les plus tendues. Il souhaite également savoir si l’ouverture de nouveaux droits à vie est envisagée par le gouvernement — ainsi que cela est le cas depuis 2019 pour l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et la carte mobilité inclusion (CMI), et que cela sera le cas au 1er janvier 2022 pour la prestation compensatoire du handicap (PCH). De fait, Monsieur Bastien Lachaud constate que la nécessité d’apporter continuellement les preuves d’une situation de handicap et de renouveler chaque année des demandes auprès de la MDPH pèse lourdement sur de nombreuses familles et personnes, et cela dès l’enfance. L’ouverture de droits à vie représente ainsi une reconnaissance et une simplification bienvenue pour les personnes concernées, ainsi qu’une solution à l’engorgement des MDPH. C’est pourquoi Monsieur Bastien Lachaud souhaite savoir si un élargissement des dispositions déjà prises dans ce sens est envisagé par le gouvernement.

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